Voyage à Boulal 2020 : Carnet de bord – Jour 1

Retrouvez le récit des membres du projet Sénégal qui se sont rendu sur place au début de l’année pour concrétiser le projet :

« Le soleil se lève à Toubab Diallaw, village de pêcheurs proche de l’aéroport.

Nous nous réveillons dans notre petite cahute de rêve, avec une vue incroyable sur l’océan, particulièrement depuis mon hamac ! 

Après un petit déjeuner fait de confiture maison et d’un petit café, nous optons pour un petit bain matinal histoire de commencer cette journée et donc ce séjour dans une douceur certaine. Nous passons les deux heures qui suivent à se prélasser sur la plage, profitant de nos premiers rayons de soleil sénégalais – qui promettent une semaine bien chaude – en évitant ce que nous qualifierons plus tard de toubaberies : vendeurs de plage venant nous proposer tout genre d’ « artisanats » destinés aux « toubabs », les blancs. 

Nous engloutissons en vitesse une délicieuse lotte aux épices avant de retrouver notre rendez-vous du jour : Madame Awa Sow, qui sera notre guide pour le séjour, gentiment commanditée par M.Ba. La première impression est très positive ; elle et son amie – qui sera notre cuisinière et s’avérera être en réalité la nièce d’Awa – sont toutes souriantes, vêtues de magnifiques boubous colorés. Le chauffeur en revanche, qui attache laborieusement nos sacs sur le coffre, paraît plus froid et renfermé, mais n’a pas l’air – et la suite nous le confirmera – d’être voué à passer plus de temps que le trajet à nos côtés. 

C’est donc parti pour une route dont nous ignorons la durée, à sept dans une Dacia ayant déjà vécu – 390 000km – coffre et toit complètement blindé. Très vite, nous nous retrouvons coincé entre deux vagues : celle de chaleur qui nous assomme littéralement, et celle d’émotions qui nous submerge continuellement. Les paysages nouveaux défilent, et la magie de la découverte opère comme à chaque fois que mes yeux parcourent un nouveau monde.

La première partie du voyage consiste donc à une oscillation entre sieste et émerveillement. Au bout d’un certain temps nous nous arrêtons dans la ville de Touba, afin qu’Awa achète de l’eau et de l’huile. Elle nous conseille de ne pas sortir de la voiture, sans que l’on sache trop pourquoi. Nous aurons l’explication quelques secondes plus tard : Touba est une ville sainte, y fumer, y boire ou bien même s’y promener sans voile – pour une femme évidemment – est interdit. Cela nous sera confirmé quelques centaines de mètres plus loin, lorsque nous contournerons la mosquée de Touba, parmi les plus impressionnantes qu’il nous a été donné de voir dans nos vies, avec son minaret central qui n’en finit plus. 

Avant même la sortie de la ville, le moteur crachotant une fumée noirâtre nous impose un deuxième arrêt. Celui-ci sera plus long que le premier – peut-être une heure – car une pièce est apparemment à changer. Non convaincus par la cordialité des gens du coin à notre égard en ce lieu lors de notre premier arrêt, nous décidons de rester dans la voiture cette fois-ci encore, et d’observer le mouvement d’ici, bercés par les douces prières sortant de la radio, que notre chauffeur a eu l’amabilité de nous laisser pendant la réparation, volume au maximum bien entendu !

Nous finissons par reprendre la route, qui ressemble de plus en plus à un voyage dans le temps : les briques ont laissé place au pisé et à la paille, le ratio charrette voiture s’inverse petit à petit et le peu de voitures qu’il reste sont chargées à quatre ou cinq fois la capacité classique. Le paysage a beau être monotone, il n’en reste pas moins magnifique. Après une dernière traversée urbaine – la ville de Dahra – et alors que le crépuscule colore le décor, nous quittons le goudron pour commencer la piste – parsemée de trous et de tronçons de route – qui va nous mener à Boulal.

Nous parcourons ainsi vingt kilomètres sur ce chemin féeriquement cabossé, doublant des charrettes, doublés par des voitures contenant plus de vingt êtres vivants – bétail dans le coffre, hommes sur les toits – avant d’enfin arriver à Boulal. Nous y sommes accueillis par deux hommes : Monsieur Cheihk Ka, notre hôte et contact de Monsieur Ba, et Monsieur Kane, chargé du développement local de la ville, enfin plutôt, comme il tient à le préciser, de la communauté rurale. Celui-ci nous invite à nous installer dans ce qui deviendra notre chambre le temps d’une semaine, puis la discussion vient naturellement. Il nous apprend que le village a l’électricité depuis 1999, des forages, dont la profondeur est supérieure à 200m, depuis 1951, et également un centre de refroidissement du lait – ouvert par Nestlé Sénégal – depuis 1993. Nous nous regardons un peu abasourdi par le trajet et ces nouvelles, se demandant un peu ce que l’on fait ici…

Pour nous changer les idées et découvrir un peu le village, nous décidons d’accompagner Awa à l’épicerie. Elle a pour projet d’acheter de l’eau de Javel afin de pouvoir désinfecter le moindre mm² qui pourrait être en contact avec nous. Sur la route se dessine peu à peu l’identité qui sera notre pour la semaine à venir : à mi-chemin entre toubab et extra-terrestre. Achats effectués, quelques mains serrées, des « ça va bien ? » – « très bien et toi ? » échangés, nous rentrons à la maison où nous sera servie un délicieux plat d’agneau suivi d’un très bon thé sénégalais, belle surprise.

Nous comprenons peu à peu qu’Awa va jouer le rôle de véritable fée du logis à notre égard tout au long de la semaine, veillant à ce que l’on ne manque jamais de rien. Après une petite observation de la voûte étoilée, nous rejoignons nos lits, fatigués par cette journée riche en découvertes et en émotions, et impatients de voir ce que nous réserve celle qui vient.»


Revenez sur le site pour découvrir la suite de l’aventure tous les mercredis !


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